Quatre familles portent l'essentiel de la tradition, et elles se reconnaissent à l'œil avant même la première bouchée. La corne de gazelle (en arabe kaab el ghzal, le sabot de la gazelle) est un croissant de pâte fine et pâle, fourré d'une pâte d'amande parfumée à la fleur d'oranger. C'est la plus connue et la moins sucrée du lot, tout en amande. La chebakia, elle, est une fleur de pâte frite puis roulée dans le miel chaud et le sésame grillé : collante, brillante, franchement sucrée, elle est indissociable du ramadan. Le briouate sucré est un petit triangle de feuille de brick, frit puis trempé dans le miel, le plus souvent garni d'amandes; c'est la version dessert des briouates salés que vous croiserez aussi en entrée. La ghriba ferme le carré : un sablé rond et fondant, à l'amande, à la noix de coco ou au sésame, reconnaissable à sa surface craquelée.
Les vraies pâtisseries marocaines : le petit lexique

Autour de ce quatuor gravitent quelques pièces plus élaborées. La pastilla au lait (souvent appelée Jawhara sur les cartes) empile des feuilles de brick croustillantes entre une crème au lait et aux amandes parfumée à la fleur d'oranger, saupoudrée de cannelle. La m'hancha, littéralement « le serpent », est une spirale de pâte d'amande enroulée dans la feuille de brick, cuite puis sucrée. Et vous verrez souvent la baklava, feuilleté au sirop et aux fruits secs : d'origine orientale plus que marocaine, elle s'est glissée sur beaucoup de cartes de la ville. Toutes se déclinent aussi en glaces et en desserts revisités, mais le socle reste ce lexique de quatre.




