Le rituel du thé est d'abord un geste social codifié : une manière d'accueillir, de faire durer une rencontre, de dire l'égard porté à l'invité. Le thé à la menthe (l'atay, en darija) se boit partout à Marrakech, du matin au soir, mais on ne le sert presque jamais seulement pour étancher la soif. Il ouvre les négociations, ponctue les repas, marque les visites. C'est un langage autant qu'une infusion.
Le surnom de whisky berbère vient de l'humour des marchands de souk, qui proposaient en plaisantant du « whisky berbère » aux visiteurs, c'est-à-dire du thé, sans une goutte d'alcool. La formule est restée. Elle dit bien la fonction du thé au Maroc : il joue le rôle social que le café tient ailleurs. On s'assoit, on discute, on prend le temps. Refuser le thé, c'est refuser la conversation qui va avec.





