Peu de cuisines dépendent autant de leurs épices que la marocaine. Enlevez le cumin, le safran, le gingembre, le curcuma et la cannelle, et il ne reste qu'une viande mijotée sans âme. Ces cinq-là, plus le mélange qui les rassemble, portent presque tout le répertoire.
Le cumin, d'abord, cette graine chaude et un peu terreuse qu'on retrouve souvent en petit bol sur la table, à côté du sel. Le safran ensuite, le pistil séché du crocus, cueilli filament par filament, ce qui en fait l'épice la plus chère au monde ; le Maroc le cultive à Taliouine, dans le Souss, et les bonnes tables le nomment sur leur carte. Le gingembre en poudre apporte sa chaleur sèche, le curcuma sa couleur jaune et sa douceur, la cannelle son pont vers le sucré. Ajoutez la coriandre fraîche et le persil, deux herbes qui reviennent dans presque toutes les sauces, et vous tenez la base aromatique de la plupart des plats.





